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Hello,
Aujourd’hui, c’est le grand retour d’un visage qu’on pensait à la retraite : Jeff Bezos.
Il lance une nouvelle entreprise d’IA avec un chèque de 6,2 milliards de dollars.
Pendant ce temps, xAI affine Grok et Google lance Gemini 3.
Théo & Nathanaël

Les commentaires de la semaine


Le projet de Bezos
Jeff Bezos revient en première ligne de la course à l’IA avec Project Prometheus.
L’essentiel :
Project Prometheus démarre avec 6,2 milliards de dollars de financement, dont une part majeure apportée par Bezos lui-même.
C’est l’une des entreprises d’IA les plus capitalisées dès le jour 1.
Bezos reprend un rôle opérationnel de co-directeur général, aux côtés de Vik Bajaj, ancien pilier de Google X et Verily.
Objectif : créer des IA qui apprennent à partir de données du monde réel provenant de capteurs, d’expériences en laboratoire, de machines industrielles...
L’entreprise a déjà recruté près de 100 chercheurs venus d’OpenAI, DeepMind ou Meta.
Prometheus veut devenir un des pôles centraux de l’IA “physique”.
Dans le Focus, on verra pourquoi cette bascule pourrait redéfinir l’avenir de l’IA.

xAI lance Grok 4.1, une nouvelle version plus agréable à utiliser au quotidien.
L’essentiel :
Sur le classement LMArena dédié aux modèles textuels, la version “pensante” atteint environ 1 483 points, et la version classique 1 465 points, le hissant dans les hautes sphères du classement.
Les utilisateurs ont préféré Grok 4.1 dans près de 65 % des comparaisons avec l’ancienne version, signe que les améliorations se ressentent dans l’usage.
En plus, sur des tests d’intelligence émotionnelle, Grok 4.1 se classe en tête.
Ses réponses sont jugées plus empathiques et nuancées qu’avant.
xAI annonce aussi un taux d’erreurs factuelles divisé par presque trois, tout en améliorant les performances en écriture créative.
xAI veut construire l’IA la plus agréable à qui parler et la proposer gratuitement à des centaines de millions d’utilisateurs.

Google vient de dégainer Gemini 3, son modèle le plus avancé, et cette fois, il ne reste pas enfermé dans une application à part.
L’essentiel :
Gemini 3 améliore le raisonnement du moteur de recherche : il comprend mieux l’intention derrière votre question, trie les sources plus finement et sait gérer des requêtes beaucoup plus complexes.
Gemini 3 Pro atteint un Elo de 1501 sur LMArena (raisonnement général).
Affiche 91,9 % de bonnes réponses sur GPQA Diamond (questions scientifiques niveau PhD).
Des scores qui le placent au coude-à-coude avec les meilleurs modèles actuels (GPT-5.1, Claude 4.5, Grok 4.1, o3).
Il est directement intégré au Mode IA de Google Search, avec une promesse : transformer chaque recherche en mini-application interactive.
Le Mode IA ne se contente plus de blocs de texte.
Il peut générer des tableaux, simulations, schémas, calculateurs en temps réel.En parallèle, les développeurs ont accès à Gemini 3 via un environnement de développement dédié.
Google est en train de transformer la recherche en interface universelle de l’IA, avec Gemini 3 comme moteur.
Est-ce que vous voulez qu'on fasse une enquête Focus sur le sujet ?


Focus : L’IA sort de l’écran
Jeff Bezos aurait pu rester sur le banc de touche, en investissant dans quelques laboratoires et en regardant la compétition faire rage.
Au lieu de ça, il a décidé de revenir dans l’arène.
Avec Prometheus, il veut construire des IA qui ne se contentent pas d’écrire des textes ou de générer des images.
On parle de modèles qui conçoivent des moteurs, simulent des matériaux, orchestrent des usines.
À suivre :
Pourquoi l’IA physique ?
Des modèles avec du vécu.
Le Windows du réel.

Pourquoi l’IA physique ?
Depuis le début de sa carrière, Bezos est obsédée par le monde réel.
Parce qu’Amazon, ce n’est pas seulement un site de commerce.
C’est un réseau mondial d’entrepôts, de robots, d’avions, de camions, de logiciels entièrement interconnecté.
Bezos a passé vingt ans à optimiser ces flux.
Puis, il s’est lancé dans l’aventure spatiale.
Avec Blue Origin, ses problématiques ont pris une autre dimension dans le monde physique.
Prometheus s’inscrit dans cette continuité.
Bezos veut une IA qui sait raisonner dans un monde où une erreur coûte des millions.
Que ce soit pour un test raté, une pièce mal conçue, un prototype qui explose.
Des modèles avec du vécu
La plupart des IA que nous utilisons aujourd’hui sont nourries au texte et aux images.
Un domaine déjà immense, pratique pour notre productivité, mais qui reste cantonné au monde virtuel.
Prometheus, c’est l’étape suivante : la promesse de systèmes qui apprennent à partir de mesures, d’expériences, de capteurs.
Concrètement, cela ressemble à ce que certaines entreprises font déjà :
Sans parler de certaines usines en Chine, déjà en grande partie intelligentes.
Sauf que Bezos arrive avec un avantage massif.
$6,2 milliards au départ, près de 100 chercheurs recrutés parmi les meilleurs, et une capacité unique à monter des infrastructures industrielles.
Objectif : construire des modèles taillés pour l’industrie, capables de comprendre les lois de la physique pour s’attaquer de nouvelles problématiques.
Sortir de l’écran, pour faire le lien entre réel et virtuel.
Le Windows du réel
Dans un futur peuplé de robots dans les usines, les entrepôts ou les hôpitaux, il faut une intelligence pour les coordonner.
C’est précisément là que Prometheus peut jouer un rôle.
Une IA qui a appris sur des milliers d’expériences réelles dans l’aéronautique peut devenir le cerveau qui aide un Android à assembler une pièce complexe.
Prometheus vise les chaînes industrielles entières.
De la conception au prototypage, en passant par les tests et la fabrication.
Bientôt, un ingénieur décrira un besoin, et Prometheus proposera des options, simulera leur comportement, puis enverra les candidats dans un laboratoire automatisé.
La robotique devient la continuité physique d’une révolution entamée par l’IA.
Si Prometheus réussit, il deviendra une couche intermédiaire entre les industriels et le monde physique.
Une plateforme sur laquelle on vient brancher ses usines, ses laboratoires, ses centres de test, pour les rendre plus rapides, plus précis, plus automatisés.
Un Windows, pour l’économie matérielle.
On comprend alors mieux l’ampleur du pari.
Après avoir construit une plateforme pour le commerce (Amazon) et une plateforme pour le calcul (AWS), Bezos tente de construire une plateforme pour la production.
Cette fois, l’IA ne sera plus seulement au bout d’un navigateur, mais au cœur des décisions techniques qui façonnent les objets autour de nous.
Si Prometheus et ses concurrents réussissent, l’IA va organiser le monde en optimisant des bâtiments, des réseaux, des chaînes logistiques, des systèmes énergétiques.
Et le monde entier deviendra intelligent.
Vous préférez une IA qui reste cantonnée au virtuel, ou une IA qui s’implique dans le monde physique ?

PS : Cette newsletter a été écrite à 100% par un humain. Ok, peut-être 80%.

