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Hello,

VivaTech a soufflé ses 10 bougies avec un mot d'ordre : l'impact, pas l'illusion.

Cette année, l'Europe a arrêté de promettre. Elle construit ses usines à IA, elle a lâché des robots sur les Champs, et la France a posé 655 millions sur la table.

En Focus, on regarde ce qui reste une fois les stands rangés.

Théo & Nathanaël

L'an dernier, Jensen Huang promettait à l'Europe des dizaines d'usines à IA. Cette année, sur la scène de VivaTech, il est venu montrer les fondations.

L'essentiel :

  • Le patron de NVIDIA a annoncé que l'entreprise allait multiplier par 10 la puissance de calcul IA disponible en Europe d'ici deux ans.

  • Mistral, le champion français, a dévoilé sa propre infrastructure de calcul souverain pour l'Europe, bâtie sur 18 000 superpuces Grace Blackwell, et déjà partiellement en service.

  • Son fondateur Arthur Mensch l'a dit sans détour : Mistral passe d'éditeur de logiciels à fournisseur d'infrastructure.

  • Le calcul (les centres de données qui font tourner l'IA) devient le nerf de la guerre. Celui qui le possède ne dépend de personne.

  • Le bémol : ces 18 000 superpuces sortent des usines de NVIDIA. L'Europe construit ses centres. La pelle, elle, reste américaine.

L'Europe a cessé de parler de souveraineté pour commencer à la bâtir. Sauf qu'elle la bâtit encore avec les outils de quelqu'un d'autre.

Pour ses 10 ans, VivaTech a quitté ses halls. Le 14 juin, l'avenue la plus célèbre du monde s'est transformée en vitrine de l'IA, piétonne et gratuite.

L'essentiel :

  • 150 000 personnes se sont pressées sur les Champs-Élysées pour voir des démonstrations d'IA et une parade de robots humanoïdes.

  • La grande première : un robot humanoïde piloté par la pensée, fruit d'une collaboration entre HABS et Unitree, via une interface qui lit l'activité du cerveau sans aucun implant.

  • Au salon, une lentille de contact intelligente signée XPANCEO et des implants résorbables imprimés en 3D par le français Lattice Medical ont fait tourner les têtes.

  • Au total, l'édition a dépassé les 200 000 visiteurs, venus de 165 pays. Un record pour les 10 ans.

  • Le bémol : un robot piloté par la pensée sur une scène, c'est un exploit. Ce n'est pas encore un robot qui range votre cuisine.

La démonstration était spectaculaire. La vraie question arrive après : que sait faire la machine une fois la caméra éteinte ?

À la veille de l'ouverture, le gouvernement a sorti le carnet de chèques. Pas pour un discours. Pour des centres de calcul et des usines.

L'essentiel :

  • Le 16 juin, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une enveloppe de 655 millions d'euros, via le plan France 2030, pour accélérer le développement de l'IA.

  • Foxconn et le français Bull se sont associés pour fabriquer des serveurs IA à Angers, avec un investissement initial de plus de 120 millions d'euros.

  • L'Allemagne était le pays à l'honneur de cette édition, et l'Inde son partenaire IA. Le signal : l'Europe veut peser en bloc, pas pays par pays.

  • L'argent va au matériel et aux infrastructures, pas aux belles annonces. C'est le sens du thème 2026 : l'impact, pas l'illusion.

  • Le bémol : 655 millions, c'est ce qu'un géant américain de l'IA dépense en quelques semaines de calcul. Le signal est clair, l'échelle reste modeste.

L'argent public arrose enfin le matériel et plus seulement les slogans. Sauf qu'à ce niveau d'investissement, la France allume un moteur. Elle ne gagne pas encore la course.

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Focus : VivaTech, la fin des promesses ?

Pendant des années, VivaTech a vendu du rêve. Des stands géants, des avatars, des annonces qui ne revenaient jamais.

Pour ses 10 ans, le salon a changé de mot d'ordre : l'impact, pas l'illusion. Promesse tenue ?

À suivre :

  • De la promesse au béton

  • Le mur de la souveraineté

  • Les vraies pépites du salon

  • Ce qui se joue vraiment

De la promesse au concret

Il y a un an, sur cette même scène, NVIDIA promettait à l'Europe plus de 20 usines à IA et faisait de Mistral son champion du calcul souverain.

Cette année, le ton a changé. On ne promet plus, on inaugure.

L'infrastructure de calcul de Mistral existe, tourne déjà en partie, et repose sur 18 000 superpuces dernier cri. Foxconn et Bull vont assembler des serveurs à Angers.

L'État ajoute 655 millions d'euros.

L'image juste : l'an dernier, on présentait les plans de la maison. Cette année, on coule les fondations.

Le mot d'ordre 2026, l'impact plutôt que l'illusion, n'est pas qu'un slogan d'affiche.

Le mur de la souveraineté

Sauf qu'il y a un mur, et tout le monde le contourne poliment.

Les 18 000 superpuces de Mistral sortent de chez NVIDIA.

La multiplication par 10 de la puissance de calcul européenne, c'est NVIDIA qui la fournit. Les serveurs d'Angers tourneront avec des composants américains.

L'Europe construit ses centres de données. Mais elle les remplit de machines qu'elle ne fabrique pas.

C'est toute l'ambiguïté du mot souveraineté. Posséder le bâtiment ne suffit pas si la machine à l'intérieur appartient à quelqu'un d'autre.

La vraie indépendance ne se mesure pas au nombre de centres inaugurés.

Les vraies pépites du salon

Derrière les grandes manœuvres, le salon a aussi récompensé du concret.

Tim Berners-Lee, l'inventeur du web, a reçu le prix de la vision pour l'ensemble de son œuvre.

Yann LeCun, l'un des pères de l'IA moderne, a été distingué pour son élan vers les modèles du monde.

Et le prix de la percée est allé à Peter Steinberger, du créateur d'OpenClaw passé chez OpenAI.

Côté jeunes pousses, le prix de l'impact est revenu à la française FAIRLY MADE, qui trace la matière première et la chaîne de production pour mesurer l'empreinte d'un vêtement.

Lattice Medical, française elle aussi, imprime des implants qui se résorbent dans le corps.

Ce qui se joue vraiment

200 000 visiteurs, 165 nationalités, une avenue piétonne et un record pour les 10 ans. Sur le papier, VivaTech 2026 est une réussite éclatante.

Sauf que le succès d'un salon ne dit rien de celui d'un continent.

L'Europe a posé de l'argent, coulé des fondations, montré des robots. Elle a prouvé qu'elle pouvait construire. Reste à prouver qu'elle peut posséder.

Le vrai enjeu des 10 prochaines années n'est pas de remplir un salon. C'est de savoir si, la prochaine fois, l’une usine européenne sera aussi équipée en Europe.

VivaTech a tenu sa promesse : moins d'illusion, plus de concret.

La question n'est plus de savoir si l'Europe sait rêver. C'est de savoir si elle saura, un jour, fabriquer ses propres outils.

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