Temps de lecture : 2mn20

Hello,

Les scénarios les plus fous sur l’IA ne viennent plus des chercheurs mais des personnes qui ont le plus d’argent.

On décrypte chacune de leur hypothèse.

Pendant ce temps, un livreur se fait virer à cause de l’IA et Alexa se refait une beauté.

Théo & Nathanaël

Quand Elon Musk dit que l’argent deviendra inutile d’ici 10 à 20 ans, ce n’est pas juste une phrase choc.

C’est un scénario politique, industriel et social.
Sauf qu’il n’est pas le seul à essayer de façonner le futur.

L’essentiel :

  • Musk parie sur un monde avec un “revenu élevé universel” dans lequel les robots et l’IA produisent tout, le travail devient optionnel.

  • Bill Gates est plus réaliste : l’IA rend possible une semaine de 2 à 3 jours, mais pas une humanité totalement sans travail.

  • De son côté, Sam Altman imagine une richesse universelle, mais insiste sur la question qui fâche : qui possède l’IA et comment partager ses gains ?

  • Pendant ce temps, Dario Amodei et Demis Hassabis interrogent : si l’IA fait tout, à quoi sert une vie humaine ?

Ces acteurs majeurs de la tech ne décrivent pas le même futur mais ils pointent tous les mêmes nœuds durs (énergie, propriété, sens, redistribution).

La fraude à l’IA n’a plus besoin d’être sophistiquée pour fonctionner.

L’essentiel :

  • Un client à Austin explique qu’un livreur DoorDash a accepté une commande, l’a marquée “livrée” en joignant une photo d’un sac devant une porte.

  • Sauf que la porte ne correspondait pas à la sienne.

  • La “preuve de livraison” serait une image fabriquée par IA pour valider la commande.

  • DoorDash a enquêté, remboursé le client, et supprimé le compte du livreur.

  • Un autre utilisateur dit avoir subi la même chose, avec le même prénom de livreur.

L’IA réduit le coût et le risque d’une arnaque. N’importe qui peut générer un visuel crédible et falsifier la réalité.

Amazon pousse Alexa Plus : une version plus conversationnelle, accessible sur le web, pensée pour aller au-delà des minuteurs et de la météo.

L’essentiel :

  • Alexa Plus arrive via un programme d’accès anticipé sur Alexa.com, et s’intègre aussi aux appareils Echo (nouveaux et anciens).

  • Vous pouvez utiliser une interface web plus pratique pour organiser, planifier, réserver.

  • Importez des documents, e-mails, images, et laissez l’assistant extraire des infos utiles.

  • Amazon pousse les liaisons avec ses services : paniers Amazon Fresh et Whole Foods, gestion de maison connectée, contenus Prime Video.

Une mise à jour moins spectaculaire qu’un modèle géant mais potentiellement bien plus présent dans notre quotidien.

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Focus : Les prophètes de l’IA

Il y a deux manières d’écouter les prédictions des plus puissants sur l’IA.
La première est de les prendre pour des délires de science-fiction.

La seconde est de comprendre que quand un milliardaire “prévoit” l’avenir, il décrit souvent le futur qu’il essaie de construire.

En janvier 2026, plusieurs figures majeures de la tech ont mis leurs visions sur la table.

Certaines se contredisent.
D’autres se complètent.

Mais toutes tournent autour de la même question : que devient une société quand l’intelligence et le travail deviennent abondants ?

À suivre :

  • Elon Musk : l’abondance totale

  • Bill Gates : le futur par ajustement

  • Sam Altman : la prospérité universelle

  • Jensen Huang : un futur incertain

  • Dario Amodei : la perte de sens

  • Demis Hassabis : l’abondance radicale

Elon Musk : l’abondance totale

Musk est très tranché sur ses prédictions : les IA combinées à la révolution robotique rendront le travail optionnel “dans 10 à 20 ans”.

Il avance même 80% de probabilité à ce scénario.

Il ne parle pas de revenu minimum, mais de “revenu élevé universel”.

La fin de la survie de l’humanité.
L’ère du confort absolu.

Une économie où tout ce qui est matériel (produire, livrer, soigner, construire) est largement automatisé.

Si le coût de production tombe, l’’argent perd sa fonction : il n’y a plus de rareté à gérer, ou beaucoup moins.

Sauf que même si les robots produisent, quelqu’un possède les robots.

Et si quelques entreprises possèdent l’infrastructure, elles possèdent aussi un levier politique immense.

L’utopie de Musk suppose un mécanisme crédible de partage des richesses.
Mais elle a quand même une part de vérité déjà vérifiable dans le monde réel.

Le travail humain devient moins nécessaire dans de plus en plus de secteurs, et l’État va devoir produire une réponse.

Reste à savoir si ce sera plus de libéralisme, ou plus de répartition.

Bill Gates : le futur par ajustement

Gates est moins radical.
Il ne promet pas la fin du travail.

Pour lui, l’IA rend possible des changements “impensables”, comme une semaine de 2 ou 3 jours, parce que produire deviendra “un problème largement résolu”.

On ne bascule pas dans un monde post-économie du jour au lendemain.

On absorbe la productivité, on réorganise les métiers, et on garde des tâches humaines par choix social (relation, création, soin, décision, responsabilité).

Un scénario qui prône l’adaptation plutôt que le remplacement.
Sauf qu'il suppose, là encore, une volonté politique.

L’IA forme déjà un oligopole entre quelques entreprises.
Qui pourrait garantir qu’elle ne creuse pas encore plus les inégalités ?

Sam Altman : la prospérité universelle

Si l’IA crée énormément de valeur, comment le public peut en récupérer une partie ?

Sam Altman imagine une forme de richesse universelle où la société aurait une part de ce que l’IA produit.

Un dividende, ou un droit sur la capacité de calcul.

On conserve l’économie, mais on modifie la propriété.

Et ça change tout, parce que l’IA deviendrait une infrastructure comme l’électricité ou les routes.

Jensen Huang : un futur incertain

Huang représente le camp du centre.

Pour lui, impossible de prédire l’avenir.
Trop de scénarios, trop de variables.

Aujourd’hui, nous sommes infiniment plus riches en informations par rapport à nos ancêtres, et pourtant ça n’a pas réglé tous les problèmes de l’humanité.

Traduction : même si l’IA rend certaines choses accessibles, ça ne crée pas automatiquement une société harmonieuse.

L’histoire montre que les gains technologiques améliorent la vie, mais peuvent aussi amplifier les écarts si les règles du jeu ne changent pas.

Dario Amodei : la perte de sens

Amodei pose la question la plus dérangeante : si l’IA prend une partie massive du travail, où les gens trouvent-ils leur source de sens ?

Il évoque Keynes, qui imaginait déjà des semaines très réduites grâce à la productivité.

C’est là que le débat sort de l’économie et devient philosophique.
Parce qu’une société ne tient pas uniquement parce que les frigos sont pleins.

Elle tient parce que les gens ont une place, une reconnaissance, des projets, une utilité.

On parle beaucoup de “remplacer des emplois”.
On parle moins de “remplacer des rôles”.

Pourtant, ça pourrait bien être une bombe à retardement.

Demis Hassabis : l’abondance radicale

Hassabis, comme Musk, voit un futur d’abondance radical qui ouvrirait une nouvelle phase de civilisation, à condition de distribuer équitablement.

Ce qui est frappant, c’est que même dans la version la plus optimiste, le goulot d’étranglement n’est pas technologique, mais politique.

Et si tous ces scénarios arrivaient en même temps ?

Au bureau, on ne travaille déjà plus pareil : on arrive le matin avec une pile de tâches, et un assistant IA les a déjà triées, pré-remplies, envoyées, relancées.

Dans les services, même logique.

Le support répond avant qu’on n’ouvre le ticket, la vente prépare l’offre avant le rendez-vous, l’administratif avance sans qu’on lui demande…

Dans le monde physique, les robots s’intègrent dans les usines, avant d’apprendre à gérer l’imprévu du réel.

Ce futur, déjà bien présent, ne rend pas l’argent inutile.
Il rend le travail moins central.

Et il fait la part belle à la créativité, qui deviendra sûrement une des compétences les plus prisées.

Ce n’est pas pareil, mais c’est déjà un séisme.
On en verra les prémices en 2026.

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PS : Cette newsletter a été écrite à 100% par un humain. Ok, peut-être 80%.

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