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Hello,
Un générateur d'images qui veut scanner votre corps. Un cabinet d'avocats sans avocat qui gagne au tribunal. Et Yann LeCun qui enterre xAI, en direct à la télévision.
En Focus, le scanner qui promet l'IRM pour tous. Spoiler : pas encore.
Théo & Nathanaël


Le générateur d'images IA annonce son premier produit physique. Un scanner médical. Personne ne l'avait vu venir.
L'essentiel :
Vous vous allongez, on vous descend dans un bassin d'eau, une couronne de capteurs vous traverse d'ultrasons sous tous les angles. Une carte 3D de votre intérieur en 60 secondes. Sans radiation, sans champ magnétique.
La technologie vient de Butterfly Network, via sa puce à ultrasons miniaturisée. Licence exclusive : $74 millions sur 5 ans.
Premier lieu d'accueil : un « Midjourney Spa » à San Francisco fin 2027. Saunas, bains froids, et 9 à 10 scanners corps entier.
Objectif 2031 : 50 000 scanners et 1 milliard de scans par mois. C'est l'un des 8 projets en cours (4 matériels, 4 logiciels).
Le bémol : aucune autorisation médicale. Midjourney parle de « cartes de composition corporelle », du bien-être, et vise l'agrément de la FDA (l'agence du médicament américaine) « avec le temps ».
Le scanner le plus attendu de l'année n'est pas un outil médical. C'est un produit de bien-être de luxe. Pour l'instant.

Un cabinet juridique entièrement piloté par IA vient de gagner devant un tribunal anglais. Le premier du genre.
L'essentiel :
Garfield, premier cabinet d'avocats piloté par IA agréé par la SRA (l'autorité qui régule les avocats au Royaume-Uni), aide une consultante RH à récupérer £7 000 d'honoraires impayés au tribunal de Wandsworth.
L'IA a tout préparé : correspondance pré-contentieuse, échange de pièces, 4 témoignages écrits, dossiers d'audience.
Coût pour la cliente : environ £400. Pour aller chercher £7 000.
Le cabinet a été fondé par un ancien plaideur londonien et un physicien quantique. Certains services démarrent à £2.
Le détail qui change tout : un barrister (l'avocat qui plaide à l'oral) de One Essex Court, un cabinet d'élite, a mené toute la plaidoirie et le contre-interrogatoire à l'audience.
Garfield n'a pas gagné seule. Elle a préparé, pour £400, le dossier d'un avocat humain d'élite. La paperasse est automatisée. La plaidoirie reste humaine.

L'un des pères de l'IA moderne a qualifié l'entreprise d'Elon Musk d'« échec, franchement ». Sur CNBC. Sans détour.
L'essentiel :
Yann LeCun, ancien directeur scientifique IA de Meta et fondateur d'AMI Labs, estime que les départs en série des cofondateurs rendent le recrutement de chercheurs de pointe quasi impossible chez xAI.
Sur X, directement à Musk : « Aucun scientifique qui se respecte ne voudra plus jamais travailler avec toi. »
Il prédit aussi une « grosse explosion de bulle » : selon lui, OpenAI et Anthropic « perdent de l'argent sur chaque utilisateur ».
Le contexte, savoureux : Anthropic vient justement de déposer son dossier confidentiel d'introduction en bourse (IPO).
Le bémol : LeCun critique les milliards engloutis dans les modèles de langage. Tout en ayant levé $1,03 milliard pour AMI Labs, dont l'architecture alternative (le JEPA, apprendre en observant le monde plutôt qu'en prédisant le mot suivant) n'a livré aucun produit public à ce jour.
LeCun a peut-être raison sur Musk. Mais il annonce l'éclatement d'une bulle en levant des milliards pour une IA qu'on n'a pas encore vue fonctionner.


Focus : L'IRM pour tous ?
Un générateur d'images qui veut lire dans vos organes. Sur le papier, ça n'a aucun sens.
Sauf que Midjourney a déjà signé pour la technologie, réservé un bâtiment à San Francisco, et chiffré son ambition : un milliard de scans par mois.
À suivre :
Comment une cuve d'eau lit vos organes
Pourquoi un spa, pas un hôpital
Ce que la FDA n'a pas signé
À qui profite vraiment le scan

La machine qui vous traverse
Le principe est simple à raconter. On vous allonge, on vous descend dans un bassin d'eau (l'eau conduit bien mieux les ultrasons que l'air), une couronne de capteurs envoie des ondes sonores sous tous les angles, et un calculateur reconstruit une carte en 3 dimensions de votre intérieur.
Le tout en 60 secondes.
Derrière, la puce à ultrasons de Butterfly Network et deux pétaflops de calcul, soit la puissance d'un petit centre de données mobilisée juste pour reconstituer l'image.
L'argument de vente : pas de radiation, contrairement au scanner classique. Pas de champ magnétique, contrairement à l'IRM. Et 60 secondes, là où une IRM en demande 30 à 60.
La prouesse est réelle. Reconstruire un corps entier en une minute, aucun appareil ne le fait aujourd'hui. Sauf qu'une belle image n'a jamais soigné personne.
Pourquoi un spa, pas un hôpital
Le premier lieu où vivra cette machine, ce n'est pas une clinique. C'est un « Midjourney Spa », prévu à San Francisco pour fin 2027. Saunas, bains froids, et 9 à 10 scanners corps entier entre deux séances de détente.
L'ambition derrière est industrielle : 50 000 scanners et 1 milliard de scans par mois visés en 2031. Le scanner n'est qu'un des 8 projets de Midjourney, 4 matériels et 4 logiciels.
Et le vocabulaire est choisi avec soin. Midjourney ne parle pas de diagnostic. Il parle de « cartes de composition corporelle » : combien de graisse, combien de muscle. Du bien-être, pas de la médecine.
Ce glissement de mots n'est pas du marketing. Il est juridique.
Midjourney ne lance pas un outil médical. Il lance un abonnement bien-être haut de gamme. Et toute la différence tient en un mot : autorisation.
Ce que la FDA n'a pas signé
Aux États-Unis, un appareil d'imagerie médicale passe par la FDA. La procédure d'homologation des dispositifs de ce niveau prend 3 à 7 ans.
Midjourney le reconnaît lui-même : il vise l'agrément « avec le temps ». À ce jour, aucune validation clinique indépendante n'a confirmé ses promesses.
Sauf que vendre un scan corporel à des clients sans médecin en face, c'est ouvrir deux portes. Celle des fausses alertes, un point suspect qui n'est rien mais qui terrifie. Et celle des faux soulagements, un problème réel que la machine laisse passer.
Une étude sérieuse réglerait la question. Pour l'instant, on a une annonce, un bassin d'eau, et un objectif de dates.
Le Midjourney Scanner sera autorisé à vous détendre bien avant d'être autorisé à vous diagnostiquer.
À qui profite vraiment le scan
Le rêve, lui, est honnête.
Une IRM coûte aujourd'hui $1 000 à $5 000 et se réserve des semaines à l'avance. Un dépistage complet à la portée de tous changerait la détection précoce de beaucoup de maladies.
Sauf que le premier lieu ouvre dans un spa de San Francisco. Le dépistage « pour tous » commence, comme souvent, par les plus aisés.
Et dans cette histoire, il y a un acteur qui gagne quoi qu'il arrive : Butterfly Network.
Que le scanner soigne ou qu'il détende, ses $74 millions de licence sont garantis. Le fournisseur de la brique technique encaisse avant le premier diagnostic.
Le scanner qui promet de démocratiser la santé ouvrira d'abord ses portes dans un spa de luxe.
La vraie question n'est pas de savoir si l'IA saura lire nos corps. C'est de savoir qui aura les moyens de s'allonger dans la cuve.
Et vous, le Midjourney Scanner, vous y voyez quoi ?

PS : Cette newsletter a été écrite à 100% par un humain. Ok, peut-être 80%.
