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Hello,
Meta a trouvé une nouvelle matière première. Vos photos publiques.
Samsung bat le record de profits de son histoire, et sa Bourse le punit quand même. Meta, encore, décode votre cerveau sans le moindre implant.
En Focus, pourquoi votre visage ne vous appartient plus tout à fait.
Théo & Nathanaël

Votre visage sans votre accord
Meta a lancé Muse Image le 7 juillet. Son générateur d'images le plus puissant. Le carburant : les photos publiques d'Instagram.
L'essentiel :
Muse Image est déjà le deuxième générateur d'images le plus utilisé au monde, derrière GPT Image 2 d'OpenAI. Intégré à Instagram et WhatsApp, gratuit.
N'importe qui peut mentionner un compte Instagram public dans une requête. Muse Image récupère vos photos comme référence pour générer de nouvelles images de vous.
Aucune notification. La page d'aide de Meta le dit noir sur blanc : "Vous ne serez pas informé du contenu créé avec les fonctionnalités IA de Meta."
Si votre compte est public, vous êtes inscrit par défaut. À vous de désactiver, pas à vous d'accepter.
Le retrait ne vaut que pour l'avenir. Les images déjà générées avec votre visage ne sont pas supprimées, même si vous passez votre compte en privé.
Meta appelle ça une fonctionnalité créative. En réalité, c'est votre ressemblance transformée en ressource, sans que vous ayez rien signé.

Record de profits, l'action s'effondre
Samsung vient d'annoncer le meilleur trimestre de son histoire. Le jour même, son action a plongé de 10%.
L'essentiel :
Bénéfice opérationnel de 89 400 milliards de wons pour avril-juin, soit environ $58 milliards. Un profit multiplié par près de 19 en un an.
La division puces mémoire a engrangé en un trimestre plus que ses 40 dernières années de profits combinées. Samsung passe devant Nvidia comme entreprise la plus profitable au monde.
La cause : la pénurie de puces mémoire, tirée par la course à l'IA, qui maintient les prix au plafond.
Malgré ce record, l'action a chuté jusqu'à 10% à Séoul avant de clôturer à -7%. Plus de $100 milliards de capitalisation effacés dans la journée.
L'action avait déjà grimpé de près de 150% depuis janvier. Le record était déjà dans le prix.
Wall Street ne récompense plus la performance. Elle récompense la surprise. Quand le marché a déjà misé 150% de hausse, le record devient le plancher, pas le sommet.

Écrire par la pensée, sans chirurgie
Meta a présenté fin juin Brain2Qwerty v2. Il traduit l'activité de votre cerveau en texte. Sans opération, sans implant.
L'essentiel :
Le système lit les signaux émis quand vous préparez une frappe au clavier, via un casque à magnétoencéphalographie (une machine qui capte les champs magnétiques du cerveau). Il atteint 61% de mots corrects en moyenne, 78% pour le meilleur participant.
Un bond énorme : les précédentes méthodes sans chirurgie plafonnaient à 8%.
Entraîné sur environ 22 000 phrases, tapées par 9 volontaires, chacun enregistré 10 heures sous la machine.
L'objectif affiché : rendre la parole aux personnes paralysées ou victimes de lésions cérébrales, sans le risque chirurgical d'un implant comme Neuralink.
Le bémol : la magnétoencéphalographie, c'est un appareil immobile de plusieurs tonnes, réservé à quelques hôpitaux, qui coûte des millions. Et le modèle se recalibre pour chaque cerveau.
Ce n'est pas lire dans les pensées. C'est décoder des intentions de frappe dans un scanner d'hôpital immobile. Une avancée réelle pour les patients. Pas un casque grand public pour 2027.


Focus : Votre visage ne vous appartient plus
Le 7 juillet, Meta a mis un générateur d'images gratuit entre les mains de deux milliards de personnes. Le prix n'est pas affiché. Il est déjà prélevé.
La vraie question n'est pas de savoir si Muse Image dessine bien. C'est de savoir ce qu'il fait de votre visage, et qui a dit oui à votre place.
À suivre :
Ce que Meta a vraiment lancé
Le consentement inversé
Ce qui reste quand vous partez
Pourquoi ça nous dépasse tous

Ce que Meta a lancé
Le 7 juillet, Superintelligence Labs sort Muse Image. Gratuit, intégré à Instagram et WhatsApp. Déjà le deuxième générateur d'images le plus utilisé au monde, derrière GPT Image 2.
La fonction qui fait débat tient en une ligne. Vous mentionnez un compte public dans une requête. Muse pioche ses photos. Il génère de nouvelles images de cette personne.
Sauf que ce n'est pas un bug de jeunesse. C'est le fonctionnement prévu.
Meta n'a pas laissé une faille s'ouvrir. Il a ouvert une porte, et décidé que tout le monde était déjà entré.
Le consentement inversé
Sur le papier, vous pouvez refuser. Dans les faits, tout compte public est inscrit par défaut.
La nuance a l'air technique. Elle change tout. Ce n'est pas "cochez pour accepter". C'est "décochez pour échapper".
Et la page d'aide de Meta est limpide : aucune notification, jamais.
Sauf que Meta a un argument solide. Une photo publique est, juridiquement, publique.
Le bémol : être visible n'a jamais voulu dire être réutilisable. Poster une photo de vacances n'a jamais valu consentement à devenir un modèle génératif.
Meta répond que c'est pour enrichir la créativité de tous. La même phrase que toutes les entreprises tech ressortent quand ce sont vos données qui enrichissent les leurs.
Ce qui reste quand vous partez
Vous découvrez la fonction. Vous la désactivez. Vous passez même votre compte en privé.
Sauf que le retrait ne vaut que pour l'avenir. Les images déjà générées avec votre visage ne sont pas supprimées.
Meta l'écrit noir sur blanc : "le contenu créé par d'autres avec les fonctionnalités IA de Meta ne sera pas supprimé."
Et ce n'est pas un cas isolé. La même semaine, Tilly Norwood, une actrice entièrement générée par IA, décrochait le premier rôle d'un film, entraînée sur des performances d'acteurs qui n'avaient rien signé.
Deux histoires. La même mécanique : une ressemblance humaine devient une matière première, et le consentement passe en dernier.
Sur Instagram comme au cinéma, votre image part travailler avant que vous ayez donné votre accord.
Pourquoi ça nous dépasse tous
Un générateur gratuit n'est jamais tout à fait gratuit. Le modèle économique de Meta n'a pas bougé depuis quinze ans. Ce que vous ne payez pas, vous le financez avec vos données.
Sauf qu'on passe un cap. Hier, Meta monétisait vos centres d'intérêt. Aujourd'hui, il puise dans votre visage.
Un acteur agit toujours selon son intérêt profond. Celui de Meta, c'est de transformer le plus de vous possible en ressource exploitable. Ce n'est ni bon ni mauvais en soi. C'est prévisible.
La question n'est donc pas de savoir si Meta va s'arrêter. C'est de savoir ce qu'il nous reste à décider nous-mêmes, une fois que le réglage par défaut est sur "oui".
À l'heure où poster revient à consentir, que reste-t-il de vraiment à nous dans ce qu'on partage ?

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