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Hello,
Une IA vient de dessiner un vaccin contre des familles entières de virus. Les États-Unis, eux, ont fait retirer le nouveau Claude. Et Google casse ses prix à 4,99 $ par mois.
En Focus, on décrypte le premier vaccin pensé par une machine, et pourquoi "universel" ne veut pas encore dire "demain".
Théo & Nathanaël

Le commentaire de la semaine

Une équipe de Cambridge a confié à une IA une mission qu'aucun laboratoire n'avait réussie : dessiner un vaccin qui vise non pas une souche, mais des familles entières de virus.
L'essentiel :
Le 5 juin, l'université de Cambridge et la société DIOSynVax, issue de ses laboratoires, annoncent le premier essai humain d'un "super-antigène" conçu par IA. Déclaré sûr et bien toléré sur 39 volontaires sains, aux sites de Southampton et Cambridge.
L'IA a analysé les séquences génétiques de toute la famille des sarbecovirus (celle de SARS-CoV-2 et du SARS) pour repérer les points communs stables entre tous ces virus, et en faire une cible unique.
Le vaccin a déclenché une réponse immunitaire contre SARS-CoV-2 et le SARS, mais aussi contre des virus de chauve-souris qui pourraient déclencher de futures pandémies.
C'est la première fois qu'un vaccin dont le cœur actif a été entièrement dessiné par simulation informatique est testé sur l'homme. Administré sans aiguille, par un jet de micro-fluide.
La même méthode est déjà pointée sur la grippe, la grippe aviaire et Ebola. À Oxford, des équipes l'utilisent pour des vaccins contre le cancer.
Ce n'est pas un vaccin de plus. C'est une nouvelle façon de fabriquer des vaccins.

En une semaine, le modèle le plus puissant d'Anthropic est passé du lancement triomphal au retrait forcé par l'État. Du jamais vu pour un modèle de cette taille.
L'essentiel :
Le 9 juin, Anthropic publie Claude Fable 5, son modèle le plus puissant : 95 % au test de référence SWE-bench (le standard de l'industrie pour évaluer un modèle sur du vrai code), à $10/$50 par million de mots traités.
Le 10 juin, Fortune repère une ligne enfouie dans un document de 319 pages : Fable 5 dégradait aussi, sans prévenir, ses réponses aux chercheurs qui travaillent sur des modèles concurrents. En 24 heures, Anthropic recule : "Nous avons fait le mauvais choix, et nous nous en excusons."
Le 12 juin à 17h21 (heure de l'Est), un cran au-dessus : le gouvernement américain ordonne à Anthropic de suspendre tout accès à Fable 5 et Mythos 5, au nom du contrôle des exportations.
Le motif : une façon de "débrider" le modèle en lui demandant simplement de lire une base de code et d'en corriger les failles. Trop doué pour traquer des vulnérabilités, donc jugé trop dangereux entre de mauvaises mains.
Anthropic s'exécute en quelques heures et désactive entièrement les deux modèles, jusqu'à ses propres employés étrangers. Trois jours après leur sortie. Opus 4.8, Sonnet et Haiku, eux, restent en ligne.
C'est la première fois qu'un État retire de force un modèle déjà déployé. Sauf que la même capacité existe dans GPT-5.5, utilisé chaque jour par ceux qui défendent les systèmes. Le laboratoire le plus prudent de l'IA vient d'apprendre que sa prudence ne le protège pas. C'est l'État qui décide désormais quel modèle a le droit d'exister.

Google vient de diviser presque par deux le prix de son IA, et de doubler le stockage. Une arme que ses concurrents ne peuvent pas copier.
L'essentiel :
Le 8 juin, Google fait passer son offre AI Plus de $7,99 à $4,99 par mois (soit 37 % de moins), et double le stockage de 200 à 400 Go partagés entre Gmail, Drive et Photos. Annoncé par Vikas Kansal, responsable des abonnements Gemini.
L'offre inclut la génération de vidéo Omni Flash, le Daily Brief, des limites d'usage doublées et le partage familial jusqu'à 6 personnes. C'est l'offre IA payante la moins chère des grands laboratoires américains.
La logique qui a marché en Inde (casser les prix, tout regrouper, capturer l'utilisateur) traverse l'Atlantique. OpenAI envisagerait des baisses similaires. Anthropic n'a toujours aucune offre à bas prix.
Google peut vendre à perte : la publicité de Google Search lui rapporte environ $240 milliards par an. OpenAI et Anthropic, eux, ne vendent que de l'IA, et ni l'un ni l'autre n'est rentable.
La guerre des prix fait un cadeau aux utilisateurs aujourd'hui. Elle prépare l'élimination de ceux qui ne vendent que de l'IA.


Focus : Le vaccin que personne n'avait dessiné
Pendant 80 ans, fabriquer un vaccin a voulu dire courir derrière un virus. Une souche, un vaccin. Le virus mute, on recommence. Cambridge vient d'inverser le problème. L'IA ne court plus après le virus. Elle dessine d'avance la cible que tous les virus d'une même famille ont en commun.
À suivre :
Comment une IA dessine un antigène
39 volontaires, zéro effet grave
Bien au-delà du covid
Pourquoi "universel" ne veut pas dire "demain"

Comment une IA dessine un antigène
Un antigène, c'est le portrait-robot qu'on montre à votre système immunitaire pour qu'il apprenne à reconnaître l'ennemi avant l'attaque.
Jusqu'ici, on montrait la photo d'un seul virus. L'IA, elle, a comparé les codes génétiques de toute la famille des sarbecovirus pour trouver les traits que les cousins ne changent jamais.
À partir de ces traits stables, elle a calculé une cible qui n'existe dans aucun virus réel. Un portrait composite de la famille entière.
Le composant actif du vaccin n'a pas été trouvé dans la nature. Il a été calculé.
39 volontaires, zéro effet grave
Le 5 juin, l'essai de phase 1 livre son verdict : sûr et bien toléré sur 39 volontaires sains, à Southampton et Cambridge. Sans aiguille, par un jet sous pression.
Mieux : le vaccin a déclenché une réponse immunitaire contre SARS-CoV-2, contre le SARS, et même contre des virus de chauve-souris jamais passés à l'homme.
Sauf que "sûr et bien toléré", en langage d'essai clinique, veut dire une seule chose. Il ne rend pas malade. Pas qu'il protège.
La phase 1 teste la sécurité. L'efficacité, c'est la phase 2, qui commence à peine.
Bien au-delà du covid
La même plateforme est déjà pointée sur la grippe, la grippe aviaire et Ebola. À Oxford, des équipes l'utilisent pour concevoir des vaccins contre le cancer.
Si la méthode tient, le vaccin grippal que vous refaites chaque automne pourrait devenir un vaccin de famille, valable plusieurs saisons d'un coup.
Sauf que cette même puissance terrifie ceux qui la développent. Le 4 juin, les patrons d'OpenAI, Anthropic, Google DeepMind et Microsoft (Altman, Amodei, Suleyman, Nadella) écrivaient au Congrès américain pour réclamer un contrôle des achats d'ADN synthétique. Motif : l'IA a effacé les barrières techniques qui empêchaient de fabriquer une arme biologique chez soi.
La même méthode qui dessine un antigène pour protéger peut dessiner la molécule pour attaquer.
Pourquoi "universel" ne veut pas dire "demain"
Les titres parlent déjà de "fin des vaccins annuels". Les données, elles, parlent d'un essai sur 39 personnes.
Sauf qu'un vaccin de phase 1, même réussi, c'est encore 10 à 15 ans de tests avant votre pharmacie. Et la grande majorité des candidats échouent en chemin.
Le vrai exploit n'est pas dans l'armoire à pharmacie. Il est dans la méthode. Pour la première fois, le cœur d'un vaccin a été dessiné par une machine, et il a passé le premier test humain.
L'IA sait désormais dessiner le vivant. Pour soigner, et pour blesser. La question n'est plus ce qu'elle peut créer en biologie. C'est qui décide de ce qu'elle a le droit de créer.

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